03/12/2009

Fonction et fonctionnement du casque à crête romain tardif d’après le mobilier oriental : l’apport de l’expérimentation

Article de Damien Glad dans la revue archéologique de Picardie (les photos sont accessibles dans cette revue et non dans ce blog) : http://revuearcheo.picardie.free.fr/RAPFrameset.html

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Fonction et fonctionnement du casque à crête romain tardif d’après le mobilier oriental : l’apport de l’expérimentation

 

La copie partielle ou totale du texte ci-dessous est soumise à la législation française en vigueur sur la propriété intellectuelle. Nous remercions l’auteur pour avoir autorisé la mise en ligne d’une partie de l’article sur ce site. L’intégralité est disponible à :

GLAD Damien, « Fonction et fonctionnement du casque à crête romain tardif d’après le mobilier oriental : l’apport de l’expérimentation », dans les Actes des XXIXe Journées internationales d’archéologie mérovingienne tenue à Marle (Aisne), 26-28 septembre 2008, Revue Archéologique de Picardie, ½, 2009, p.87-92.

L’auteur est allocataire de recherche de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et dépend de l’UMR 8167 : Orient et Méditerranée. Il est également membre associé du Centre byzantin du Collège de France et du Craham de Caen. Il est enfin vice-président de l’association de reconstitution des Herculiani. Très facile d’accès, n’hésitez pas à contacter l’auteur pour toutes remarques ou questions concernant cet article.

Bonne lecture.

 

Résumé

Les études de militaria consistent, le plus souvent, en des analyses formelles et contextuelles visant à proposer des chrono-typologies fondées sur les contextes stratigraphiques. Cet outil méthodologique fondamental ne permet cependant pas d’aborder précisément le processus de vie des militaria et plus particulièrement la problématique de la fonction et du fonctionnement de ces armes mais également les processus d’entretien, de réfection et d’abandon. Loin de tout résoudre, l’archéologie expérimentale est une démarche complémentaire permettant de tester les hypothèses émises par la chrono-typologie et de renouveler notre compréhension et notre interprétation de l’armement.

Mots clefs : Armement, archéologie expérimentale, Berkasovo, Iatrus, Intercisa, techniques de combat

Abstract

Most studies of weapons consist largely of formal and contextual analyses designed to provide chrono-typologies based on the stratigraphic contexts. This fundamental methodological tool cannot however provide precise information about the life of weapons or, more particularly, answer some of the questions concerning their purpose, the way they function, and also the way they are maintained, repaired and finally abandoned. Although experimental archaeology can by no means provide all the answers, this complementary approach enables the hypotheses suggested by chrono-typology to be tested, thus enhancing our understanding and our interpretation of the weapons.

Key words : weapons, experimental archaeology, Berkasovo, Iatrus, Intercisa,  battle’s techniques.

Zusammenfassung

Studien von Militaria bestehen zumeist aus formalin und kontextuellen Analysen, deren Ziel es ist auf stratigraphischen Kontexten basierende Typochronologien vorzulegen. Zwar sind diese methodologisch von grundlegender Bedeutung, doch ermöglichen sie es weder die Problematik der Funktion und der Funktionsweise der Militaria zu behandeln, noch geben sie Auskunft über deren Wartung, Instandsetzung oder die Art und Weise, wie sie aufgegeben worden waren. Zwar liefert die experimentelle Archäologie bei weitem nicht alle Antworten auf diese Fragen, doch sie ist eine ergänzende Methode, die es ermöglicht die von der Typochronologie vorgeschlagenen Hypothesen zu überprüfen und unser Verständnis und unsere Interpretation der Waffenausrüstung zu erneuern.

Schlüsselwörter: Waffenausrüstung, experimentelle Archäologie, Berkasovo, Iatrus, Intercisa, Kampftechniken.

 

 


INTRODUCTION

Poser la question des apports de la démarche expérimentale en archéologie mérovingienne, c’est d’abord s’interroger sur la  définition de l’expérimentation et sur l’étendue de ses champs d’applications. L’expérimentation est avant tout une méthode scientifique reposant sur des protocoles clairs et précis qui peuvent néanmoins varier selon le sujet d’étude. La démarche expérimentale visant à reconstruire un habitat n’est effectivement pas identique à celle régissant la reconstruction d’un bas-fourneau et est particulièrement différente de celle visant à reconstituer un équipement militaire s’accompagnant d’un questionnement sur les techniques de combat. Au sein d’une même étude sur l’équipement militaire, plusieurs démarches sont envisageables. Il est d’une part possible de poser la question des chaînes opératoires, des procédés de fabrication, de la nature des matières premières et des réseaux d’échanges mais d’autre part nous pouvons nous interroger sur l’incidence des formes, la fonction et le fonctionnement ainsi que sur les processus d’utilisation. A l’exception des recherches allemandes sur les spangenhelme, la première approche n’étant pas envisageable pour des raisons essentiellement financière que nécessiteraient des analyses en laboratoire très couteuses et destructrices, c’est la seconde approche, à mi-chemin entre l’évocation historique et l’archéologie expérimentale, qui sera l’objet de la présente étude, avec pour objectif d’analyser une forme particulière des apports de l’expérimentation tout en demeurant conscient des limites et de la frontière existant entre l’évocation historique et la démarche expérimentale : « Faire comme » n’étant pas équivalent à la problématique « comment faisaient-ils » ?

 

METHODOLOGIE DE RECHERCHE

Nous avons insisté sur le fait que l’expérimentation se caractérise par une méthode scientifique. Notre démarche est particulière car il ne s’agit pas d’observer un casque, de le reconstituer et de comparer le résultat par rapport à l’original. Ce travail a le plus souvent déjà été effectué par les musées eux-mêmes disposant d’un ou de plusieurs casques dans leur collection. Nous pourrions ici poser la question des chaînes opératoires, des procédés de fabrication, de la nature des matières premières et des réseaux d’échanges mais de nos jours l’ensemble des reproducteurs d’armes utilisent des procédés semi-industriels. Nous faisons donc le choix de ne pas parler aujourd’hui de ces questions dans l’attente de pouvoir mettre en place financièrement toute une démarche expérimentale allant de l’acquisition de la matière première aux produits finis, ce qui constituerait un apport supplémentaire de l’archéologie expérimentale. Il s’agira pour nous de partir de l’objet initial, de l’observer et d’enregistrer l’ensemble des données utiles avant de reproduire un casque respectant au maximum l’ensemble des données enregistrées. A ce niveau, nous ne sommes pas encore dans l’expérimentation, nous demeurons dans l’évocation historique : il s’agit purement et simplement de la reproduction la plus fidèle possible d’un artefact. La démarche expérimentale débute dès lors que nous allons émettre à partir des sources écrites, historiques et archéologiques des hypothèses sur la forme, la fonction et le fonctionnement de ce casque et que nous allons utiliser la reproduction fidèle pour effectuer des tests expérimentaux avant d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Si la fonction comme armement défensif peut paraître évidente, notre problématique se veut plus complexe : s’agit-il de casques d’officiers, de sous-officiers, de cavaliers ou de fantassins et comment ceux-ci l’utilisent-ils ? En d’autres termes, la fonction et le fonctionnement du casque varient-ils en fonction du type de porteur ? Si l’archéologie et l’iconographie constituent  bien évidemment des sources importantes, ces deux disciplines ont également des limites importantes que l’archéologie expérimentale  permet de pallier. Cette dernière devient un outil méthodologique et scientifique d’importance.

LES SOURCES

Les occurrences sont peu nombreuses et se limitent à douze casques à crête romain tardif complet pour la partie orientale de l’Empire romain. En revanche, l’analyse typo-chronologique est très bien maitrisée et est renforcée par la récente publication, en 2008, de nombreux fragments de casques romains tardifs découverts à Koblenz, pour la partie occidentale de l’Empire (Allemagne). Le premier type de casque, dit Berkasovo, est caractérisé par une calotte hémisphérique et des paragnathides oblongues (Fig.1, 1-6). Ces casques ont été interprétés par les chercheurs comme étant des casques d’officiers de cavalerie compte-tenu de la richesse de leur composition, de l’aspect particulièrement enveloppant de la paragnathide, mais également de la présence de mors de chevaux dans les contextes de découverte, notamment à Berkasovo (Serbie). Deux casques de ce type ont été mis au jour à Berkasovo, à Iatrus (Krivina, Bulgarie), où la notitia dignitatum indique le cantonnement d’un coin de cavalerie. Un autre casque a été découvert à Aquincum (Budapest, Hongrie).

Le second groupe est le type Conceşti (Moldavie) caractérisé par une calotte conique et des paragnathides similaires au type précédent (Fig.1,7-8). Dans l’historiographie notre second groupe est d’habitude rattaché au type Berkasovo. Le casque de Doura Europos a appartenu à un fantassin lourd sassanide, celui de Conceşti  fut découvert dans une sépulture privilégiée accompagné d’argenterie arborant les estampilles des ateliers de Constantinople.

Le dernier groupe est le type Intercisa caractérisé par des casques à calottes hémisphériques et des paragnathides fines et ajourées (Fig.1, 9-12). Ils ont été interprétés comme des casques d’infanterie : l’orifice pour l’oreille permettant « soi-disant » de mieux entendre les ordres (ce que nos recherches expérimentales démentent formellement).

Intercisa IV qui nous intéressera plus particulièrement a été interprété comme un casque d’officier, parfois le centenier, compte-tenu du texte de Végèce qui parle d’une crête transversale (et non longitudinale comme ici pour l’Intercisa IV) servant à reconnaître l’officier dans la bataille, ce qui n’est pas sans nous rappeler les casques de centurions du Haut-Empire. La fonction des trois premiers casques d’Intercisa I, II et III en tant que casques d’infanterie est confirmé par des casques occidentaux découverts à Worms et à Augst. En revanche, la fonction de l’Intercisa IV dont la crête est de forme sensiblement différente fera l’objet dans cette communication d’une remise en question.

L’ensemble des casques est daté entre la seconde moitié du IIIe siècle  et les premières décennies du Ve siècle, même si ce type de casque sera encore porté, dans des formes quelques peu différentes au VIIe siècle et au-delà dans les pays scandinaves et dans le monde anglo-saxon.

Les interprétations sur les fonctions de ces casques aux regards des sources archéologiques peuvent paraître adéquates, néanmoins, l’iconographie permet d’émettre un doute. C’est notamment le cas d’une stèle découverte à Felix Romuliana, l’actuelle Gamzigrad en Serbie (Fig.2), qui présente un fantassin portant un casque de type Berkasovo et non de type Intercisa, comme l’atteste la présence d’une charnière latérale permettant de joindre la paragnathide à la calotte du casque, ce qui est caractéristique des casques de type Berkasovo et de type Conceşti et totalement absent du type Intercisa. Ce type de casque n’est donc pas réservé à des officiers de cavalerie mais peut être également utilisé par l’infanterie, sans que nous puissions en déterminer le grade. Néanmoins, le degré d’abstraction de cette représentation impose la réserve.


 

Fig.1 : Les casques à crête de méditerranée orientale. N° 1-2 : Berkasovo (Serbie), n° 3 : Budapest (Hongrie), n° 4-5 : Iatrus-Krivina (Bulgarie), n° 6 : El-Haditha (Jordanie), n° 7 Conceşti (Moldavie), n° 8 : Doura-Europos (Syrie), n° 9 : Intercisa I (Hongrie), n° 10 : Intercisa II (Hongrie), n° 11 : Intercisa III (Hongrie), n° 12 : Intercisa IV(Hongrie)


La stèle de Felix Romuliana impose cependant de tester le type « Berkasovo » et le type Intercisa IV en contexte d’infanterie afin d’étudier si, conformément aux interprétations en vigueur,  il est plus adéquat d’utiliser l’Intercisa IV ou le type Berkasovo pour un officier. Comment l’archéologie expérimentale peut-elle répondre à la problématique de la fonction et du fonctionnement de ces casques ? En testant, avec ces casques, les techniques de combat connues pour l’époque et plus particulièrement la fameuse tortue, la « testudo » − où il est important de s’interroger sur la place de l’officier au sein de celle-ci et de savoir si la crête proéminente de l’Intercisa IV ne constitue pas un handicap à la mise en œuvre d’une telle tactique de combat − toujours attestée chez Végèce et chez Ammien Marcellin pour le IVe siècle, par rapport à la crête en bâtière du type « Berkasovo ».


 


Fig.2 : Stèle de Felix Romuliana


LES TESTS EXPERIMENTAUX

Nous avons donc effectué des tests avec l’association de reconstitution des Herculiani. Pour les besoins de la compréhension nous avons isolé et immobilisé deux fantassins mais les tests ont été effectués en groupe et en marchant comme nous l’imposait les sources écrites. Le test de l’Intercisa IV est présenté à gauche tandis que  le type Berkasovo illustré par le casque de Burgh Castle ou celui de Iatrus, est présenté à droite (Fig.3).

Pour deux raisons, nous n’avons pas choisi de mettre deux Intercisa IV l’un derrière l’autre. D’une part, il s’agit d’étudier le casque en tant que symbole de reconnaissance et d’identification de grade dont la hiérarchie pourrait se refléter dans la dimension en hauteur des crêtes et qui, par définition, individualise le porteur. D’autre part, l’iconographie ne représente pas deux types Intercisa IV l’un derrière l’autre mais des casques dits de types attiques, non attestés par l’archéologie, dont la représentation est quasi systématisé dans l’iconographie du IVe et du Ve siècle (ex : le fragment de la colonne de Théodose de Constantinople, l’arc de Constantin et la mosaïque de Sainte-Marie-Majeure de Rome) malgré deux exceptions notables dans les catacombes de la via latina à Rome et dans les catacombes de la villa Maria à Syracuse où le type Intercisa IV est clairement illustré malgré le degré d’abstraction de l’iconographie.


 

 


Fig.3 : Tests expérimentaux, vue latérale droite

 

Fig.4 : Tests expérimentaux, vue de face

Les tests apportent plusieurs éléments de réponse. Le fantassin en première ligne est moins bien protégé sur la photo de gauche que sur la photo de droite. Effectivement, le fantassin de seconde ligne est gêné par la proéminence de la crête, et lui-même à la tête un peu de biais. On constate d’autre part que les points d’appuis pour permettre la répartition du poids du bouclier sont plus contraignants avec l’Intercisa IV qu’avec le type Berkasovo. Effectivement, le bouclier de seconde ligne est instable avec l’intercisa IV et particulièrement droit et stable avec le type Berkasovo. Lorsque les tests furent réalisés en marchant, il est apparu  que l’Intercisa IV est problématique en ce qui concerne les points d’appuis : la crête est fine et éloignée en hauteur de la calotte, le bouclier ne reposant que sur un point d’appui à l’arrière de la crête exerce une poussée sur les cervicales et permet au fantassin de seconde ligne de manipuler latéralement et aisément la tête du fantassin de devant, ce qui, à l’impact, est particulièrement dangereux et inadéquat pour le combat. Ce problème ne se pose pas avec le type Berkasovo puisque le bouclier repose sur deux points d’appui à l’avant et à l’arrière de la crête. En vue frontale, vue de l’ennemi, les tests indiquent que la zone non protégée et soumise au tir de l’adversaire est plus importante avec l’Intercisa IV, à gauche, qu’avec le type Berkasovo, à droite (Fig.4).

Le premier schéma pédagogique confirme notre propos sur les problèmes de poids et de poussée déjà évoqués (Fig.5). C’est en connaissance de cause que nous avons représenté le bouclier de seconde ligne sous celui de première ligne, d’autres tests expérimentaux ont montré que dans le cas inverse les armes de traits passent aisément et déciment les lignes arrière alors qu’aucune arme de traits ne passe dans cette configuration à moins qu’elle ne pénètre un bouclier en mauvais état. La crête de l’Intercisa IV ne permet pas de placer un officier derrière un fantassin d’un type Berkasovo dans la configuration d’une testudo : la crête ne permet pas de poser le bouclier.

Sur le second schéma, deux Intercisa IV, testés l’un derrière l’autre confirment l’impossibilité d’utiliser ce type de casque par l’infanterie lourde des première lignes et par les officiers qui la commande (Fig.6). Dans le premier cas, pour pallier au problème de sécurité, le bouclier vient prendre son appui sur l’avant du casque et non plus sur l’arrière. Il n’y a alors plus qu’une seule configuration possible si les casques de derrière sont des Intercisa IV, c’est une succession d’appui sur l’avant des crêtes. Une telle pose, sous l’effet du poids, entraîne l’enfoncement du casque sur le front et les yeux du soldat qui est davantage préoccupé à remettre son casque en place qu’à s’occuper de ce qui se passe devant lui.

Une autre configuration possible avec une succession de deux Intercisa IV, est de permettre au bouclier arrière de prendre appui sur l’arrière du casque de première ligne. Avec une telle configuration,  les boucliers se succèdent en hauteur exigeant, au porteur, des bras de plus en plus en extension et une instabilité totale face à un choc d’infanterie adverse. De plus, la première ligne ne bénéficie pas de la protection des boucliers de la seconde ligne (Fig.7).

La meilleure configuration possible est, selon nous, de ne pas utiliser l’Intercisa IV dans l’infanterie, qui à tout moment doit pouvoir effectuer l’ensemble des techniques de combat et notamment la testudo (Fig.8). En revanche, le type Berkasovo, généralement associé à la cavalerie, semble particulièrement adéquat pour l’infanterie lourde car la crête est plate ou non-proéminente et, surtout, court d’avant en arrière de la calotte. En réalité, pour pouvoir réaliser la testudo, les casques doivent offrir une certaine homogénéité des formes de la calotte  et de la crête. Par conséquent, une crête proéminente n’est pas un signe de reconnaissance et un symbole de hiérarchie dans l’infanterie. Le type Berkasovo, clairement attesté par les sources archéologiques pour la cavalerie, a tout à fait pu être utilisé dans l’infanterie.

 

Fig.5 : Schéma I (Intercisa IV, Iatrus)

 

Fig.6 : Schéma II (Intercisa IV)

 

Fig.7 : Schéma III (Intercisa IV)

 

Fig.8 : Schéma IV (Iatrus)

Quand est –il alors des casques composites de type Baldenheim, datés entre la seconde moitié du Ve siècle et la première moitié du VIIe siècle ? Effectivement la testudo, désormais appelée fulcum ou fulkon, est toujours pratiquée au VIe siècle d’après Procope et Agathias lors des guerres d’Italie et au début du VIIe siècle par les armées byzantines si l’on en croit l’auteur du Strategikon. Si aucun test n’a pour l’instant été effectué, les sources archéologiques nous donnent quelques informations. Les casques de type Baldenheim sont représentés par une version de parade certainement réservée aux officiers et à l’élite qui ne pratiquait pas la testudo et plusieurs versions de combat réparties en quatre sous-groupe. Pour ces derniers, c’est la présence ou non d’une virole occipitale qui possède les mêmes limites que la crête du type Intercisa IV. La présence d’une virole métallique pour l’adjonction d’un panache ne permet pas de pratiquer le fulcum : le bouclier ne peut être posé de manière adéquate. En revanche, en l’absence de virole, le fulcum peut parfaitement être réalisé.

CONCLUSION

Cette démarche expérimentale a permis plusieurs découvertes. Le casque d’Intercisa IV n’est pas un casque d’officier d’infanterie lourde romaine, il a pu être utilisé dans la cavalerie ou par tout type d’unité d’infanterie qui, à aucun moment, ne doit avoir à pratiquer la testudo. Plusieurs possibilités sont envisageables : les porte-enseignes, les officiers des exculcatores mais également les scholes palatines, c'est-à-dire la garde de l’Empereur, essentiellement des cavaliers.

Le type Berkasovo, du moins sa version de combat, n’était certainement pas réservé à la cavalerie, il apparaît même particulièrement adéquat pour l’infanterie. Nous avons également vu qu’il faut se méfier de l’iconographie dont le degré d’abstraction et les libertés prises par les artistes sont trop nombreuses pour permettre une quelconque interprétation.

L’archéologie expérimentale est avant tout une discipline reposant sur une méthode claire qui peut varier selon le type d’étude réalisé. Les apports sont aussi diversifiés que les approches et l’archéologie expérimentale apparaît comme un outil complémentaire qu’il ne faut pas négliger tout en demeurant conscient de ses limites. Il ne faut effectivement pas confondre l’archéologie expérimentale et l’histoire vivante, l’une étant une démarche scientifique et l’autre un excellent outil de communication et de diffusion des connaissances acquises par l’expérimentation auprès du grand public. Il est effectivement important de garder à l’esprit que « faire comme » n’équivaut pas à « comment faisaient-ils ?». En tant que chercheurs, nous n’imitons pas ou ne sur-interprétons pas, nous nous interrogeons et nous tâchons dans la mesure de nos moyens de comprendre et d’expliquer.

11:34 Écrit par Carpe Diem dans Biblio | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/10/2009

Origine Et Diffusion De L'equipement Defensif Corporel En Mediterranee Orientale (IVe-VIIIe S). (Broché)

Origine Et Diffusion De L'equipement Defensif Corporel En Mediterranee Orientale (IVe-VIIIe S). (Broché)

Le livre de Damien Glad nous permet une synthèse et une nouvelle approche de l’armement défensif de la fin de l’empire Romain jusqu’à la période Carolingienne .

Ce sujet peu traité sera une source d’informations à ne pas manquer pour les chercheurs et aux archéologues les plus pointus ainsi que les amateurs et les reconstituteurs.

Je vous invite donc à vous procurer ce livre et qui vous permettra  de sourcer votre équipement défensif ou simplement de vous plonger dans cette période de l’histoire peu connu mais immensément riche.

 

Damien Glad

Doctorant université Paris I Panthéon-Sorbonne, UMR 8167

Chercheur associé au Collège de France

Chargé de cours à l’école du Louvre

Vice-Président de la troupe des Herculiani (Fédération Gallia Antiqua)

 Livre en Français

http://www.amazon.fr/Diffusion-Lequipement-Mediterranee-O...

livre

PREFACE

 

 

 

Dans le cadre de ses masters 1 et 2, brillamment soutenus à l’Université de Paris 1/Panthéon-Sorbonne en 2006 et 2007, Damien Glad s’est attaché à un sujet peu exploré jusqu’ici, en l’occurrence celui de l’origine et de la diffusion de l’équipement défensif corporel dans le monde proto-byzantin (IVe-VIIIe siècles).

 

De fait, à l’exception de la Mer Noire et des régions balkano-danubiennes, le matériel militaire romain tardif est demeuré très largement inédit et a été jusqu’ici peu étudié. En revanche, il a été davantage pris en compte dans le Barbaricum oriental, sans qu’on puisse cependant établir des parallèles significatifs avec l’Empire d’Orient. La plupart du temps, la documentation archéologique existante est demeurée inaccessible aux chercheurs occidentaux dans la mesure où la plupart des découvertes étaient publiées dans les langues nationales des pays d’Europe centrale et orientale qui leur étaient peu familières.

 

De façon exemplaire, Damien Glad est parvenu à surmonter ces difficultés documentaires et linguistiques. Il a ainsi réalisé un corpus - le plus exhaustif à ce jour - des armes défensives protobyzantines, tant dans l’Empire romain d’Orient que dans ses confins barbares. Ces armes ont été classées selon une typologie rigoureuse et leur datation a été révisée en tenant compte des classifications chronologiques les mieux étayées.

 

S’appuyant sur l’exemple des casques et des armures, Damien Glad a notamment pu démontrer, d’une part la continuité des traditions militaires romaines puis byzantines, et d’autre part l’impact considérable des technologies militaires du Bas-Empire romain  sur les peuples barbares voisins. Il a encore clairement établi que l’armement défensif était demeuré en usage dans l’armée romaine, puis byzantine, du IVe au VIIIe siècle. L’auteur a également étudié la question des influences orientales, iraniennes et steppiques, sur l’évolution des armes défensives romaines. La question des  types de matériaux, des techniques de fabrication et des ateliers de production trouve également sa place dans cet ouvrage très documenté et parfaitement illustré.

 

Si un certain nombre de questions ou d’interprétations demeurent encore en suspens et ne trouveront leur solution que par un élargissement de cette recherche, envisagée dans le cadre d’une thèse de doctorat, des acquis décisifs ont été obtenus part Damien Glad dont ce premier livre est désormais une référence obligatoire pour tous ceux qui veulent se pencher sur l’histoire des armes défensives dans le monde protobyzantins.

 

 

Michel Kazanski et Patrick Périn

Paris, 30 janvier 2008

 

 

TABLE DES MATIERES

 

PREFACE       4

Introduction      6

Ier partie : Historiographie de l’armement défensif corporel        10

I. L’armement défensif corporel d’après les auteurs antiques et médiévaux         11

A. L’armement défensif demeure très porté entre le IVe et le VIIIe siècle           11

1. La théorie de la désaffection de l’armement défensif aux Bas-Empire et au Haut Moyen-âge  11

2. La persistance du masque à visage et de la « lorica segmentata » ?     12

3. L’armement défensif des ennemis de l’Empire            13

B. Un armement défensif diversifié dont les témoignages archéologiques sont occasionnels          13

1. La description de nombreux types d’armement défensif         13

2. Les raisons de la rareté de l’armement défensif en contexte archéologique.     13

II. Une Historiographie focalisée sur des problématiques initiales            13

A. Origine et diffusion de l’armement défensif    13

1. L’Extrême-Orient, les steppes et le Proche-Orient     13

2. Le monde méditerranéen       13

3. Les civilisations européennes 13

B. Les techniques et les ateliers de fabrication    13

1. Les types de matériaux         13

2. Les techniques de fabrication            13

3. Les lieux de production         13

C. Des chrono-typologies hasardeuses  13

1. Les casques  13

2. Les armures  13

IIe partie : Chronotypologie de l’armement défensif corporel      13

I. Un armement en héritage : l’armement de la seconde moitié du IIIe s. à la première moitié du Ve s.     13

A. Origine immédiate de l’armement défensif tardif : l’exemple de Doura-Europos.         13

1. Le casque     13

2. Les armures  13

B. Typologie de l’armement défensif (seconde moitié du IIIe s. à la première moitié du Ve s.)     13

1. Les casques à crête et le casque lamellaire     13

2. La cotte de mailles    13

3. L’armure d’écailles, la cnémide et la manica  13

II. L’émergence de nouveaux équipements défensifs (à partir de la seconde moitié du Ve s.)      13

A. L’émergence des casques à « équerres »      13

1. Les casques à « équerres » droites    13

2. Les casques à « équerres » géométriques (Fig.8)       13

B. Le maintien des traditions et l’essor de l’armement lamellaire 13

1. La cotte de mailles et les éléments d’armures (Fig.8)  13

2. L’armure d’écailles et l’armure lamellaire       13

3. Le casque lamellaire (Fig.11)            13

IIIe Partie : Origine et diffusion de l’armement défensif corporel 13

I. Origine de l’armement défensif corporel         13

A. Origine des casques 13

1. Le casque à visage et le casque à crête          13

2. Le casque lamellaire et le casque à « équerres »         13

3. Les apports asiatiques ?        13

B. Origine des armures 13

1. La cotte de mailles    13

2. L’armure d’écailles   13

3. L’armure lamellaire   13

II. Diffusion de l’armement défensif corporel à l’époque médiévale         13

A. Le casque    13

1. Diffusion du casque lamellaire            13

2. Le casque à crête et le casque à « équerres »            13

B. L’armure      13

1. Diffusion de la cotte de mailles (Fig.20)         13

2. Diffusion de l’armure lamellaire (Fig.21)        13

Conclusion       13

Table des illustrations    13

Abréviations     13

Bibliographie    13

Annexe I : Catalogue    13

Annexe II : Cartes        13

Annexe III : Figures      13

 

 

 

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28/03/2009

Origine et diffusion de l’équipement défensif corporel en Méditerranée orientale (IVe-VIIIe s.)

A ne pas manquer le livre de Damien Glad , éminent archéologue , membre des Herculianis , spécialiste de l'armement de l'antiquité tardive et du haut moyen age

 

BAR S1921, 2009 Origine et diffusion de l’équipement défensif corporel en Méditerranée orientale (IVe-VIIIe s.) Contribution à l’étude historique et archéologique des armées antiques et medievales by Damien Glad. Archaeological Studies on Late Antiquity and Early Medieval Europe (400-1000A.D.), series edited by  J. López Quiroga, P. Pergola, P. Perin, G. Vannini, Monographs II. ISBN 978 1 4073 0246 1. £39.00.

Où l'acheter:
http://www.hadrianbooks.co.uk/

tapez Glad dans ''search''

Damien est membre du collége de France

http://www.college-de-france.fr/chaires/chaire23/

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31/01/2009

"Byzantium 330-1453" à Londres

A lire le livre d'exposition  "Byzantium 330-1453"

exposition sur

http://www.royalacademy.org.uk/exhibitions/byzantium/about/

Le Livre de de Robin Cormack (Auteur), Maria Vassilaki (Auteur)

de Robin Cormack (Auteur), Maria Vassilaki (Auteur)

Exposition au Royal academy

 

About Byzantium 330–1453

  • NEW: Download lectures by curator Robin Cormack and His Grace Dr Rowan Williams, The Archbishop of Canterbury

Highlighting the splendours of the Byzantine Empire, Byzantium 330–1453 comprises around 300 objects including icons, detached wall paintings, micro-mosaics, ivories, enamels plus gold and silver metalwork. Some of the works have never been displayed in public before.

Icon of the Archangel Michael, Constantinople, twelfth century.
Icon of the Archangel Michael, Constantinople, twelfth century. Silver gilt on wood, gold cloisonné enamel, precious stones, 46.5 x 35 x 2.7 cm. Basilica di San Marco, Venice, Tresoro, inv. no. 16. Photo per gentile concessione della Procuratoria di San Marco/Cameraphoto Arte, Venice
The exhibition includes great works from the San Marco Treasury in Venice and rare items from collections across Europe, the USA, Russia, Ukraine and Egypt. The exhibition begins with the foundation of Constantinople in 330 AD by the Roman Emperor Constantine the Great and concludes with the capture of the city by the Ottoman forces of Mehmed II in 1453. This is the first major exhibition on Byzantine Art in the United Kingdom for 50 years.

This epic exhibition has been made possible through a collaboration between the Royal Academy of Arts and the Benaki Museum, Athens.

Byzantium 330–1453 follows a chronological progression covering the range, power and longevity of the artistic production of the Byzantine Empire through a number of themed sections. In this way the exhibition explores the origins of Byzantium; the rise of Constantinople; the threat of iconoclasm when emperors banned Christian figurative art; the post-iconoclast revival; the remarkable crescendo in the Middle Ages and the close connections between Byzantine and early Renaissance art in Italy in the 13th and early 14th centuries.

Between 1204 and 1261, Constantinople was in the hands of the Latin Crusaders, but the return of the Byzantine Emperors to the city initiated a final period of great diversity in art. Art from Constantinople, the Balkans and Russia show the final phase of refinement of distinctively Orthodox forms and functions, while Crete artists like Angelos Akotantos signed their icons and merged Byzantine and Italian styles. Up to the end of the Byzantine Empire, with the fall of Constantinople to the Ottoman Turks in 1453, manuscripts, micromosaics and metalwork demonstrates the virtuosity of its artists.

The exhibition shows the long history of Byzantine art and documents the patrons and artists and the world in which they lived. Seeing themselves as the members of a Christian Roman Empire they believed that they represented the culmination of civilisation on earth. The art emits an intellectual, emotional and spiritual energy, yet is distinctive for the expression of passionate belief and high emotion within an art of moderation and restraint.

The Antioch Chalice,  Byzantine, from Syria, possibly Kaper Koraon or Antioch, first half of the sixth century.
The Antioch Chalice, Byzantine, from Syria, possibly Kaper Koraon or Antioch, first half of the sixth century. Silver cup set in footed silver-gilt shell, Height 19. 7 cm. Lent by the Metropolitan Museum of Art, New York. The Cloisters Collection, 1950 (50.4). Photo © The Metropolitan Museum of Art
Byzantium 330-1453 showcases the Antioch Chalice (left), on loan from the Metropolitan Museum of Art, New York. After its discovery in c.1911, the silver gilt artefact was believed to have been the Holy Grail, the cup used by Christ at the Last Supper. Major works from the Treasury of San Marco, Venice have been loaned to the Royal Academy including the ornate Chalice of the Patriarchs, c. 10th–11th century. Other highlights include a two-sided icon of Virgin Hodegetria (obverse) and the Man of Sorrows (reverse), 12th century, from the Byzantine Museum, Kastoria, an impressive 10–11th century imperial ivory casket from Troyes cathedral depicting hunting scenes and riders and the Homilies of Monk James Kokkinobaphos, a manuscript from 1100–1150AD on loan from the Bibliothèque Nationale de France, Paris.

Byzantium 330–1453 has been organised by the Royal Academy of Arts and the Benaki Museum, Athens. The exhibition has been curated by Professor Robin Cormack, Courtauld Institute, London, Professor Maria Vassilaki, University of Thessaly at Volos and the Benaki Museum and Dr Adrian Locke, Acting Head of Exhibitions, Royal Academy of Arts.

 Sponsor

The J.F. Costopoulos Foundation, the A.G. Leventis Foundation, and the Stavros Niarchos Foundation are very proud to support the exhibition Byzantium 330-1453.

The three Foundations are committed to promoting and preserving Hellenic culture and heritage in Greece and abroad. Furthermore, the Foundations aim to express their active support for collaborative projects between acclaimed international institutions, realised in this case by the Benaki Museum in Athens and the Royal Academy of Arts in London.

The J.F. Costopoulos Foundation, the A.G. Leventis Foundation, and the Stavros Niarchos Foundation have a long tradition of supporting major exhibitions of Byzantine Art and hope that, through their collaboration with such renowned cultural organisations, they will enhance the audience’s understanding of a very significant culture.

Byzantium, 25 October 2008 - 22 March 2009

 

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12/03/2008

L'armée romaine de Servius Tullius à Théodose

L'armée romaine de Servius Tullius à Théodose

de Pierre Cosme

Histoire de l'armée Romaine : livre intéressant et sourcé

9782200264086

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01/12/2007

L'armée Romaine sous le bas empire

Ma future lecture

notes de la Fnac

Mot de l'éditeur

L'armée romaine du IVe siècle est en fait mal connue, les historiens ayant été souvent attirés par d'autres thèmes. La renaissance de l'Antiquité Tardive a davantage suscité leur engouement; ils ont privilégié le retour de la prospérité et moi le maintien de la romanité, ainsi que la christianisation de l'État et des esprits. Pourtant, la poussée des barbares aux frontières, en particulier des Mamans, des Goths et des Perses, a représenté un phénomène majeur à partir du milieu du IVe siècle, marqué par le désastre d'Andrinople en 378, le franchissement du Rhin dans la nuit du 31 décembre 406 et la double prise de Rome en 410. L'armée romaine du IVe siècle, comme son ancêtre du Haut-Empire, ne devrait pourtant pas être négligée, car elle a joué un rôle historique déterminant. Non seulement elle a essayé de défendre l'empire, - avec plus ou moins de bonheur, il est vrai -, mais encore elle a modifié, par sa seule présence, le jeu politique, le fonctionnement de l'économie, les structures sociales et le développement des religions. Ce livre a été écrit à partir de sources très variées, des textes souvent négligés, le droit, des compilations administratives, des monnaies, des papyrus, des inscriptions et la vaste documentation que fournit l'ar­chéologie. Elle a abouti à la rédaction d'un livre qui apporte des solutions nouvelles à des problèmes anciens, qui propose des thèses audacieuses et qui ne cache pas les questions qui ne sont pas encore résolues.

Professeur à l'université Paris IV-Sorbonne, Yann le Bohec s'est imposé en France et à l'étranger comme un des grands spécialistes de l'histoire militai­re. Il a publié de nombreux livres et articles qui concernent ce domaine d'é­tude, depuis sa thèse d'État qu'il avait consacrée à L'armée romaine d'Afrique et qui a été éditée en 1989 sous forme de deux volumes, La Troisième Légion Auguste et Les unités auxiliaires de l'armée romaine en Afrique et Numidie.

Extrait du livre :
L'état des recherches

L'armée romaine qui a succédé à celle qui a servi sous le Haut-Empire, qu'elle soit appelée «armée du Bas-Empire», ou «armée de l'Antiquité tardive», ou encore «armée des IVe et Ve siècles», a donné matière à des travaux d'intérêt inégal. Hélas, pendant longtemps, elle a été assez généralement ignorée. Un exemple illustrera cette indifférence : dans un manuel célèbre, très utilisé et rédigé à l'intention des étudiants, le célèbre historien que fut A. Chastagnol décrivait le pouvoir politique, les institutions, l'économie, la société, les religions, la civilisation, et il repoussait à la conclusion une modeste mention de l'armée qu'il regroupait avec les barbares sous un chapeau unique.
Il est bien regrettable que les deux ouvrages les plus utiles et les plus érudits soient anciens ; il s'agit d'un livre en allemand et d'un simple chapitre dans une excellente synthèse qui a été consacrée à l'histoire de la période et qui est due à un Britannique. Ils soulèvent un problème particulier et qui ne peut pas ne pas retenir l'attention. Un grand débat a opposé de grands savants sur une question de stratégie. Les uns pensaient que l'empereur Dioclétien (284-305) avait divisé l'armée en deux, laissant une partie des effectifs sur la frontière et constituant une réserve mobile avec la deuxième partie. D'autres attribuaient le mérite de cette réforme à son successeur, Constantin 1er (306-337). D'autres enfin pensaient que les transformations s'étaient faites progressivement depuis l'époque de Gallien (260-268)''.
Quant aux travaux récents, s'ils procurent des satisfactions aux chercheurs, ils fournissent rarement des synthèses complètes. En effet, nous disposons d'abord de deux ouvrages, rédigés l'un en anglais, l'autre en français, qui entrent dans cette catégorie de publications, et qui, certes, ne sont pas médiocres ; mais ils se révèlent tantôt rapides et tantôt partiels '. Nous voyons ensuite que l'armée du Bas-Empire est également présente dans plusieurs livres consacrés à la même période, dont certains sont de très bonne qualité 8, mais qui se limitent à un problème précis et qui cherchent tous une explication simple à un problème complexe : comment est mort l'Empire romain ? Et, accessoirement : quand est-il mort ? Enfin, parmi les derniers titres, beaucoup, qui sont très intéressants, renouvellent plusieurs domaines de nos connaissances, en particulier dans les domaines de l'équipement et de l'architecture militaires. Il reste donc de la place pour une synthèse un peu plus développée que celles qui ont été élaborées dans les deux premiers ouvrages déjà mentionnés.
Mais il y a mieux. Un historien américain avait attiré l'attention sur une problématique qui, jusqu'alors, n'avait pas intéressé les chercheurs ; des documents, qui concernent surtout les guerres du XXe siècle il est vrai, permettent de comprendre comment les hommes vivaient une bataille, quel était le visage de l'ennemi, comment ils le voyaient. Il est certes difficile, en raison de la nature des sources disponibles, de mener le même genre d'enquête pour le Bas-Empire. Mais des chercheurs ont essayé de décrire «le visage de la bataille» à plusieurs moments de l'Antiquité. Et puis un autre Anglo-Saxon a cherché à définir la conception que les Occidentaux s'étaient faite de la guerre dans cette période. Ces deux ouvrages ont reçu un excellent accueil, et ont suscité des études sans complexes sur les affaires militaires, jadis jugées au mieux mineures et, au pire, sans intérêt. Ils ont donné naissance à une branche du savoir que plusieurs de ses pères ont appelée la «nouvelle histoire militaire».

Fiche détaillée "L'armée romaine sous le Bas-Empire"

AuteurYann Le Bohec
EditeurPicard
Date de parutionjuin 2006
CollectionAntiquite-Syntheses
Nombre de pages288 pages
Format17 cm x 24 cm
IllustrationIllustrations couleur
ISBN2708407651

le bohec

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La fin de l'armée Romaine

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Mot de l'éditeur

Les travaux des historiens et l'imagerie populaire ont une vision de l'armée romaine restreinte aux premiers siècles de l'Empire. Les yeux fixés sur les frontières du Rhin ou du Danube, le légionnaire romain, engoncé dans sa cuirasse à bandes métalliques, paraît immuable dans le temps... soldat d'un âge d'or, la paix romaine ; une paix jamais renouvelée depuis. Or, le légionnaire, la paix romaine, l'Empire lui-même ont disparu presque mystérieusement face à des hordes barbares mal organisées. Du moins, telle est l'image que l'on donne de cette période trouble appelée Bas-Empire ou Antiquité tardive (IIP-Ve siècles). Décadence ou continuité ? Au cours de ces trois siècles de crise, l'armée et l'empire ont dû s'adapter, car la menace avait changé, comme les Romains eux-mêmes d'ailleurs. Y-a-t-il eu un échec militaire romain ? Quelle est la part de responsabilité du politique ? Vaste problématique à laquelle ce livre tente de répondre en soumettant les données historiques à une analyse politico-militaire.

Fiche détaillée "La fin de l'armée romaine"

AuteurPhilippe Richardot
EditeurEconomica
Date de parutionavril 2005
CollectionBibl.strategique
Nombre de pages350 pages
Format16 cm x 24 cm
IllustrationIllustrations couleur
ISBN2717848614
richardot

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